présente


Nicoptere


Je suis Creative Dev.
 
Une sphère bruitée rendue dans magicavoxel 2016
 

La question bio

 

Qui es-tu Nicolas Barradeau ? Et comment as-tu évolué vers le code créatif ?

J'ai grandi à Villeurbanne, banlieue de Lyon, l'équivalent de Montreuil pour Paris (les rues ont les mêmes noms).
Mon père voulait être photographe, ma mère a bossé dans le nucléaire. Elle achetait des tableaux pour les accrocher chez nous ; ensemble ils faisaient de la radio et leurs copains étaient tous plus ou moins artistes, plutôt dans le spectacle vivant.

Il y avait un terrain vague en face de chez nous, on a grandi dans un peu de vert ; il y avait des insectes et des plantes ; j'ai eu une enfance heureuse.

J'ai monté un club de jongle en terminale ; j'ai raté puis j’ai réussi un Bac Littéraire option art ; j'ai fait une année préparatoire aux arts appliqués puis je suis rentré aux beaux-arts de Lyon.
En 1998, pour mes 20 ans, mes parents m'ont demandé de choisir entre me payer le permis de conduire ou un ordinateur.

C’est donc sur mon 1er Pentium® 2, 300 MHz que j’ai commencé, en pur autodidacte, à apprendre à faire un peu de tout : de la 2D, de la 3D précalculée et temps réel, du traitement photo, du montage vidéo etc. Internet n’existait pas encore et c’était un peu la jungle ! Avec les copains, on apprenait tout seul car nos profs ne savaient pas faire.
 
Je suis sorti des beaux-arts en 2003 avec un DNAP et un DNSEP* sous le bras, avec les félicitations du jury pour chacun de ces diplômes, puis je suis parti vivre en Hongrie, à Budapest.

C’est là, et avec Internet, que j'ai appris à programmer avec Flash. Surtout, c’était l’apparition des premières communautés en ligne et on a commencé à pouvoir échanger des animations, c'était très stimulant et on apprenait beaucoup. Flash permettait de faire des animations scriptées et c'était fascinant pour moi qui n'avais pas du tout cette formation d'esprit.
 
En 2007, je suis retourné en France et je me suis installé à Paris pour travailler en agence de pub.
 
Je suis Creative Dev Freelance depuis 2010.

* Diplôme National d'Arts Plastiques et Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique
 

Le projet GROW,
c'était de rassembler à nouveau tous ces gens, de voir comment ils travaillaient et de tendre des passerelles.

 
 

La question festival

 

Tu es à l'initiative du Grow Festival. Peux-tu nous expliquer la genèse de cet événement ? Un revival des années 2000 et des communautés Flash ?

Oui, ça vient de Flash ! Flash avait une communauté très soudée. Il y avait des cycles de conférences consacrés à tout ce qu'on pouvait faire avec.

Flash On The Beach à Brighton par exemple était un rendez-vous important pour les "creative dev" (le mot n'existait pas encore). C’était l’occasion de se retrouver et de parler ensemble pour les gens qui faisaient des jeux, des animations statiques, scriptées, de la démo, des visuels live ou encore du gros backend… Puis au déclin de Flash, la discipline a éclaté en plein de micro communautés*.

Le projet GROW, c'était de rassembler à nouveau tous ces gens, de voir comment ils travaillaient et de tendre des passerelles.
 
Un des avantages du dev créatif c'est de devoir apprendre sans cesse. C'est épuisant mais très stimulant et bon pour la tête ! Ça bouge tout le temps. Ce que je fais aujourd'hui n'a rien à voir avec ce que je faisais l'an passé. Et comme il faut toujours apprendre, j’ai pensé qu’un projet comme le Grow permettrait de faire intervenir des conférenciers en tant que formateurs. Ce sont des gens très qualifiés et qui aiment partager leurs connaissances.

En 2018, j'étais content que ça se passe en partie chez Pyramyd Formation** car ça posait un cadre solide et apportait une caution créative. On a pu proposer de super formations et couvrir des dimensions variées du code créatif.
 
Ce que je retiens aussi, c’est que quand je me suis mis sérieusement au code créatif en 2004, en autodidacte, ça m'a pris beaucoup plus de temps que si j'avais pu suivre une formation. A l'époque, aucune formation ne proposait de "faire des formes avec du code".

 

*Une par framework JS, les Processing, les OpenFrameworks etc.
**Workshop en partenariat avec Pyramyd : la 2D / print avec Matt DesLauriers, les fondamentaux en géométrie computationnelle avec Grégoire Divaret, les shaderss avec Léon Denise et l' Machine Learning à destination du print avec Gaël Hugo.
 
 
 

La question à la Jean-Jacques Bourdin

 

Code créatif, design génératif, new media art... Comme ça, ça claque mais qu'est-ce-que ça apporte de nouveau ?

 
Je lui dirais : « Jean-Jacques, est-ce qu'on a vraiment besoin de nouveauté pour faire de l'art? Je ne crois pas ».
 
C'est une continuation de la pratique artistique, c'est un médium "nouveau", très versatile.

J'adore le papier par exemple, c'est un médium assez vieux (5000 ans pour le papyrus) et pourtant on continue de faire des choses merveilleuses avec.

 
 

Ça peut être une révélation, j'ai vu
des gens changer de carrière après un workshop.

 

La question del profesor

 

Tu animes des ateliers, workshop. Que vont apprendre les participants et comment pourront-ils appliquer ces acquis au quotidien ?


J'ai toujours aimé animer des ateliers : j'ai le BAFA, j'ai été prof d'arts plastiques pour des enfants, puis j'ai donné des workshops aux Gobelins, à l'ECAL etc.

La formation, c’est juste essentiel. Parce que comme dit plus haut, je suis autodidacte et rétrospectivement, j'aurais sans doute gagné du temps et de l'énergie si j'avais pu suivre une formation couvrant tout ce que je voulais apprendre.

Et jusqu'à récemment, le code créatif n'était pas proposé parce que tous les sceptiques du monde se disaient "ça sert à quoi ?".

Je vais donc animer chez Pyramyd un workshop « Code créatif »* qui se décline en 4 ateliers : une première vue d’ensemble dans un travail collectif ; un 2e atelier consacré sur les techniques de programmation puis un 3et 4e atelier tournés vers le GLSL. Chaque apprenant pourra travailler sur son projet pour produire des éléments qui seront tout de suite transposables dans son boulot quotidien.

À l’issue de cette formation, chacun saura dessiner et animer des formes géométriques avec du code, manipuler des images avec des shaders le tout en JavaScript et WebGL. Le JS et le WebGL, c'est parce que ce sont des langages "simples", il faut "juste" un navigateur web et ça marche partout.

En revanche les concepts qu'on abordera sont universels et peuvent servir dans Unity, Houdini, After Effects, OpenFrameworks, Processing, sur des Raspberry PI, sur des arduinos etc.

En fonction de la nature du travail des apprenants, ils pourront rajouter des "effets" (transitions, déformations d'images), créer des visualisons de données (particules, diagrammes, animations).

Ça peut être une révélation, j'ai vu des gens changer de carrière après un workshop.
 
*2 sessions en 2019 : du 24 au 26 juin et du 9 au 11 décembre chez Pyramyd Formation

 
 
 

Chaque discipline a ses héros !

 

La question inspirante

 

Quelles sont tes sources d'inspiration ? Les artistes que tu apprécies tout particulièrement ?


Houla!

Je ne saurais pas trop par où commencer, j'admire beaucoup de gens qui font des choses très différentes : 3D temps réel, VJ, print, Machine Learning, vidéo, animations 2D, dataviz, demoscene, jeux, 3D print, découpe laser...

Chaque discipline a ses héros ! On en verra quelques-uns pendant le workshop, le mieux c'est de venir !

 
 

La question d'actu

 

Sur quel.s projet.s travailles-tu en ce moment ?

 
Je travaille pour le Google Arts & Culture en ce moment, je fais du Machine Learning (un petit point rouge lumineux vient d'apparaître sur mon buste) et je travaille sur (un deuxième puis un troisième ) ... non rien.

Je n'ai pas le droit d'en parler (les points disparaissent).

 
 

Veille, discipline, curiosité et contemplation.

 

La question naïve

 

C'est quoi les qualités indispensables pour être un codeur créatif ? Hormis être un peu zinzin ?

 
J'en ai 4 que j'aime bien: veille, discipline, curiosité et contemplation.

La veille ou l'attention, se tenir à jour de ce qu'on sait faire, apprendre les nouvelles techniques, se tenir au courant de ce qui se fait. 

La discipline parce que ça vient pas tout seul, c'est du travail et il faut s'y mettre très régulièrement, pas forcément longtemps mais tous les jours.

La curiosité d'aller vers ce qu'on ne connaît pas ou mal, sans a priori, savoir se laisser surprendre.

La contemplation - c'est ce qu'il y a de plus dur - arriver à ne rien faire et juste "être au monde" ou divaguer, regarder les nuages. Surtout dans un monde où l'économie de l'attention sous-tend à peu près tout.


 
 
Merci Nicolas !

Ça fait vraiment sens tout ça et très envie !

En attendant ton workshop, on te retrouve sur ton site qui est totalement incroyable et on continue de te suivre à la trace sur Behance et Twitter !
 

Galerie - sélection

 
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